Casavigilance : Bureau d'étude sécurité incendie

classe L les feux de batteries lithium

Classe L : la nouvelle classe de feu

pour les batteries lithium (ISO 3941)

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Avec la généralisation des batteries lithium-ion dans les équipements électroniques, les véhicules électriques, les systèmes de stockage d’énergie ou encore les installations industrielles, les risques d’incendie associés à ces technologies sont devenus un enjeu majeur pour les professionnels de la sécurité incendie.

Les incendies impliquant des batteries lithium présentent des caractéristiques particulières :
propagation rapide, réactions chimiques complexes, réinflammation possible et production de gaz toxiques.

Face à ces nouveaux risques, les organismes de normalisation ont fait évoluer la classification traditionnelle des feux.
La dernière version de la norme ISO 3941 introduit ainsi une nouvelle classe de feu : la classe L, spécifiquement dédiée aux incendies impliquant des batteries lithium.

Cette évolution marque une étape importante dans l’adaptation des référentiels de sécurité incendie aux technologies modernes.

classe L les feux de batteries lithium

Rappel des classes de feu traditionnelles

Historiquement, la classification des feux repose sur la nature du combustible impliqué dans l’incendie. Cette catégorisation permet de déterminer les moyens d’extinction adaptés et d’orienter les stratégies d’intervention.

La classe A concerne les feux de matériaux solides combustibles tels que le bois, le papier, les textiles ou certains plastiques. Ces incendies produisent généralement des braises et peuvent être maîtrisés principalement par un refroidissement à l’eau.

La classe B regroupe les feux de liquides inflammables ou de solides liquéfiables, comme les hydrocarbures, l’essence, les solvants ou certaines huiles. Dans ce cas, l’extinction repose souvent sur l’étouffement du feu grâce à des mousses ou des poudres adaptées.

La classe C correspond aux feux de gaz inflammables tels que le propane, le butane ou le méthane. La priorité consiste généralement à couper l’alimentation en gaz afin de supprimer la source du combustible.

La classe D concerne les feux de métaux combustibles, notamment le magnésium ou le sodium, qui nécessitent des agents extincteurs spécifiques.

Enfin, la classe F regroupe les feux liés aux huiles et aux graisses de cuisson, particulièrement présents dans les cuisines professionnelles.

Cependant, avec l’apparition massive des batteries lithium dans de nombreux équipements, ces catégories ne suffisaient plus à décrire correctement certains incendies complexes.

classe L les feux de batteries lithium

Les particularités des incendies impliquant des batteries lithium

Les batteries lithium-ion possèdent des caractéristiques physico-chimiques très différentes des combustibles traditionnels. Lorsqu’elles sont endommagées, surchargées ou exposées à une température élevée, elles peuvent entrer dans un phénomène appelé emballement thermique, également connu sous le terme de thermal runaway.

Ce phénomène correspond à une réaction chimique incontrôlée à l’intérieur de la batterie. La température augmente rapidement, ce qui provoque la décomposition des matériaux internes et la libération de gaz inflammables. Cette réaction peut ensuite entraîner l’inflammation spontanée de la batterie et la propagation de l’incendie aux cellules voisines.

Contrairement aux feux classiques, ces incendies peuvent se maintenir même en l’absence d’oxygène extérieur, car la réaction chimique interne continue d’alimenter le processus de combustion. De plus, une batterie peut présenter un risque de réinflammation plusieurs minutes, voire plusieurs heures après une extinction apparente.

Les incendies de batteries lithium peuvent également produire des gaz toxiques dangereux pour les intervenants et les occupants des bâtiments.

La classe L : une nouvelle catégorie de feu

Face à ces spécificités, la norme ISO 3941 introduit désormais la classe L, dédiée aux incendies impliquant des batteries lithium. Cette nouvelle classification permet d’identifier clairement ce type de feu et d’adapter les stratégies de prévention et d’intervention.

La classe L concerne notamment les batteries utilisées dans les véhicules électriques, les systèmes de stockage d’énergie stationnaires, les équipements électroniques portables, les outils électroportatifs ou encore les solutions de micro-mobilité telles que les trottinettes électriques.

L’objectif de cette nouvelle classification est de mieux intégrer ces risques dans les dispositifs de sécurité incendie, qu’il s’agisse de la conception des bâtiments, de l’équipement en moyens d’extinction ou de la formation des équipes de sécurité.

Des méthodes d’extinction spécifiques

La gestion d’un feu de batterie lithium nécessite une approche particulière. Dans de nombreux cas, l’extinction repose principalement sur un refroidissement intensif afin de limiter la propagation de l’emballement thermique.

L’utilisation d’eau en grande quantité peut permettre de réduire la température des cellules et de ralentir la réaction chimique. Toutefois, selon les configurations et la taille des batteries concernées, d’autres solutions peuvent être utilisées, comme des agents extincteurs spécialisés ou des matériaux absorbants permettant de contenir la réaction.

Dans certains environnements industriels ou logistiques, la stratégie peut également consister à confiner l’incendie afin d’éviter sa propagation, notamment lorsque l’extinction immédiate est difficile.

Ces particularités soulignent l’importance d’une analyse technique préalable du risque, en particulier dans les installations où les batteries lithium sont présentes en grand nombre.

Un enjeu croissant pour la sécurité des bâtiments

La généralisation des batteries lithium dans de nombreux secteurs entraîne une évolution des pratiques en matière de sécurité incendie. Les parkings de véhicules électriques, les centres logistiques, les data centers, les installations photovoltaïques équipées de stockage ou encore certaines infrastructures industrielles doivent désormais intégrer ces nouveaux risques dans leurs dispositifs de prévention.

L’introduction de la classe L dans la norme ISO 3941 constitue ainsi une étape importante dans l’adaptation des référentiels de sécurité aux technologies actuelles.

Elle permet d’améliorer la compréhension des risques, de mieux orienter les stratégies d’intervention et de renforcer la protection des personnes et des infrastructures.

L’accompagnement des entreprises face à ces nouveaux risques

Face à l’évolution rapide des technologies énergétiques, les entreprises doivent adapter leurs démarches de prévention incendie afin d’intégrer les risques liés aux batteries lithium.

Nous accompagnons nos clients dans l’analyse de ces nouveaux scénarios de risque et dans la mise en place de solutions adaptées. Nos études techniques permettent d’évaluer la charge calorifique, d’identifier les dangers potentiels et de dimensionner les moyens de protection incendie nécessaires pour garantir la sécurité des installations et la conformité réglementaire.

Dans un environnement technologique en constante évolution, la maîtrise des risques incendie reste un élément essentiel pour assurer la sécurité des personnes, des bâtiments et des activités.

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